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Vaccins

Quels sont les vaccins existants?

Les vaccins modernes peuvent être classés en deux catégories : les vaccins polysaccharidiques et les vaccins conjugués.

Les vaccins polysaccharidiques sont élaborés à partir des composantes des capsules des différentes souches pathogènes contre lesquelles le vaccin doit agir. Ces composantes, qui sont présentes en surface d'un type d'agent pathogène, sont constituées de chaînes de glucoses (polysaccharides), et sont purifiées à partir d'agents pathogènes inactivés. Certains vaccins sont tétravalents (vaccins polyvalents) et présentent des composantes capsulaires des différents sous-groupes d'une souche de bactéries administrées en même temps, notamment pour garantir une protection à la fois contre les méningocoques du type A, C, W, Y et W135.

Ce type d'élaboration de vaccin est connue depuis les années 60 du siècle dernier et présente un inconvénient majeur. En raison d'un système immunitaire pas encore mature, les enfants, en particulier les jeunes enfants de moins de deux ans, ne fabriquent pas suffisamment d'anticorps durables contre les polysaccharides capsulaires. Et c'est précisément le groupe le plus menacé par la méningite.

Les vaccins conjugués représentent une nouvelle génération de vaccins. Ils sont synthétises ou obtenus à partir de composantes bactériennes purifiées et associées à des molécules de plus grande taille (terme scientifique : « conjugué ») afin d'être correctement identifiées par le système immunitaire. Comme molécule de grande taille on utilise le plus fréquemment des composantes de vaccins connues depuis plusieurs dizaines d'années et bien tolérées, comme par exemple les vaccins contre la diphtérie et le tétanos. On obtient ainsi de nouveaux vaccins, qui offrent une protection contre un agent pathogène précis et qui agissent également efficacement chez les jeunes enfants et les nourrissons.

Plusieurs vaccins ont déjà été intégrés au calendrier de vaccination des enfants, les protégeant ainsi contre les bactéries responsables de la méningite. Le vaccin Hib (vaccin contre l'Haemophilus influenzae de type b) par exemple, a permis de faire reculer très sensiblement les méningites induites par l'Haemophilus influenzae en Europe et le vaccin ROR a permis d'éradiquer quasiment les cas de méningites résultant de complications des oreillons (méningite virale). En outre, un vaccin est désormais disponible offrant une protection durable contre les pneumocoques. Ce vaccin peut être administré aux enfants dès 2 mois et est recommandé à toutes les personnes présentant un facteur de risque, comme notamment les personnes âgées ou les personnes présentant des affections chroniques hépatiques, rénales ou cardiaques, du diabète, les personnes HIV positives ou ayant subies une greffe d'organes. Les personnes dont l'activité professionnelle implique de nombreux contacts, tels que les enseignants, les chauffeurs de bus ou les employés du secteur médical sont incitées à se faire vacciner.

En ce qui concerne les affections à méningocoques, un vaccin efficace contre les méningocoques du groupe B est encore en cours d'élaboration et ne sera pas disponible avant quelques années. En revanche, on a réussi à mettre au point un vaccin préventif contre l'autre forme de méningite largement répandue en Europe et induite par les méningocoques du groupe C. Les recherches ont permis de créer un vaccin moderne extrêmement efficace et bien toléré contre les méningocoques du groupe C. Ceci est d'autant plus appréciable que le taux de mortalité et les séquelles graves liés à ce sérotype sont supérieurs aux autres groupes.

Vaccins contre les méningocoques

Des vaccins polysaccharidiques contre les méningocoques des sérogroupes A, C, W135 et Y sont actuellement disponibles. Ils sont souvent administrés en tant que vaccins combinés, par exemple sous forme de vaccin tétravalent contre les quatre sérotypes (vaccins polysaccharidiques tétravalent) et jouent un rôle important, notamment en cas de voyages ou de séjours à l'étranger.

Malheureusement les vaccins polysaccharidiques n'induisent généralement pas ou trop peu d'immunité chez les petits enfants et ont une durée de protection limitée. De plus, ils n'agissent pas contre les infections liées aux méningocoques du sérogroupe B présentes en France et dans plusieurs pays européens et contre lesquels il n'existe à l'heure actuelle pas encore de vaccin préventif. Il n'existe par conséquent actuellement aucun vaccin fiable pour tous les groupes d'âges et contre tous les groupes de méningocoques (agents pathogènes le plus souvent responsables des méningites bactériennes).

On a, pendant longtemps, disposé uniquement des vaccins polysaccharidiques contre les méningites à méningocoques du groupe C, avec les limites qu'ils présentent. La recherche a toutefois permis de mettre au point une nouvelle catégorie de vaccins offrant une protection durable contre ce groupe d'agents pathogènes, et capable d'induire une immunité suffisante également chez les nourrissons. Cette nouvelle catégorie de vaccins que l'on appelle vaccin conjugué, s'est avérée extrêmement efficace et idéale pour la protection des enfants et des adolescents.

Le premier pays au monde a avoir introduit le vaccin conjugué contre la méningite C fut la Grande-Bretagne, pays dont le taux de méningites à méningocoques du groupe C est élevé si l'on compare au reste de l'Europe, à savoir plus de 3 cas pour 100 000 habitants par an.

Depuis l'année 2000, 18 millions de personnes ont été vaccinées en Grande-Bretagne avec ce vaccin. Le gouvernement considère que «la vaccination massive contre la méningite à méningocoques C constitue l'une des campagnes les plus importantes et les plus réussies en matière de protection de santé publique menées en Grande-Bretagne au cours des dernières décennies». Suite à cette campagne de vaccination, les cas de mortalité par méningites C chez personnes de moins de 20 ans sont passés de 67 en 1999 à 34 en 1999 et 3 en 2000, soit une baisse de 95,5 %.

Les chiffres du Ministère de la santé britannique montrent que la méningite à méningocoques du groupe C « a été quasiment éradiquée chez les moins de 25 ans ». Entre-temps, plusieurs pays européens ont suivi l'exemple de la Grande-Bretagne. Ainsi, l'Irlande, l'Espagne et les Pays-Bas ont lancé des campagnes de vaccination massive contre la méningite du groupe C et le nouveau vaccin est désormais disponible partout en Europe.

Protection des personnes non vaccinées

Un vaccin protège les personnes vaccinées d'un cas de méningite et évite parallèlement qu'un sujet ne soit contaminé par un porteur sain et transmette à son tour le germe. Grâce au vaccin, on obtient non seulement la protection de la personne vaccinée, mais également celle des personnes non vaccinées de son entourage. Dans le jargon, on parle alors « d'immunité collective ». Plus le nombre de personnes vaccinées est élevé, plus la protection est importante car le réservoir d'agents pathogènes diminue. Une vaccination de toute la population contre cette maladie est une étape capitale dans la lutte contre l'agent pathogène.


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