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Suisse

Indice de contagion et répartition régionale

La Suisse, comme la Belgique, est d'un point de vue européen, un pays présentant un indice de contagion moyen. Le taux des nouveaux cas d'infections à méningocoques se situe entre 1 et 3 cas pour 100 000 à l'échelle de l'ensemble de la population.

Le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants) est enregistré par l'Office fédéral de la santé (OFSP) auprès duquel les médecins et les laboratoires d'analyse signalent les cas avérés ou les progressions fulminantes (syndrome de Waterhouse-Friedrichsen, coagulopathie). Les échantillons de souches isolées sont envoyés au National Center for Meningococci de Genève.

En Suisse, l'indice de contagion a atteint un point culminant en 2000 avec un taux d'incidence de 2,5/100 000, impliquant pour l'essentiel les méningocoques du sérogroupe C. Dans les années qui suivirent, on a constaté une régression spontanée portant le nombre de cas à 1,2/100 000 en 2003. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille baisser la garde. Malgré une incidence clairement à la baisse, le nombre de cas mortels est resté quasiment inchangé jusqu'en 2002. L'explication réside dans la hausse sensible du taux de létalité (case fatality rate) qui a quasiment doublé, passant de 8 % en 1999/2001 (dont 7 % pour le sérogroupe C) à 14 % en 1999/2001 (dont 18 % pour le sérogroupe C).

Le spectre des agents pathogènes

Les sérogroupes mis en évidence en Suisse sont également les sérogroupes B et C. On a cependant constaté de fortes fluctuations au cours des cinq dernières années entre ces deux groupes. Le point culminant de la maladie se situe en 2000 où le nombre de nouveaux cas induits par le sérogroupe C a littéralement explosé pour atteindre 61 % au cours de cette seule année. Les chiffres de l'année 2000 présentent pour cette raison une incidence de 1,5/100 000 pour le seul sérogroupe C contre une incidence totale de 2,5/100 000.

Toutefois, au cours de l'année suivante, on a pu constater une régression spontanée du nombre total de cas nouveaux et parallèlement, une régression disproportionnée du sérogroupe C, qui fut mis en évidence dans 26 % des cas seulement en 2003. Cela correspond à une fréquence de 0,3/100 000 pour un taux de contagion total également en baisse, de 1,2/100 000 habitants. Parallèlement, on a assisté à une augmentation des évolutions mortelles, notamment en cas d'infections induites par le sérogroupe C, ce qui explique que le taux de contagion orienté à la baisse ne soit pas pour autant synonyme de fin d'alerte.

Recommandations vaccinales

Parallèlement à l'autorisation du vaccin conjugué en 2001, on a constaté une diminution spontanée des cas de méningites à méningocoques du sérogroupe C. L'introduction de ce vaccin dans le programme de vaccination, déjà fort complet, a été repoussée pour cette raison.

Toutefois, indépendamment de cela, les recommandations vaccinales restent d'actualité pour certaines catégories de personnes qui ont été reconsidérées en raison de l'introduction sur le marché du nouveau vaccin. Ces recommandations s'adressent notamment au personnel de laboratoires microbiologiques, en tant que catégorie professionnelle exposée, et aux personnes présentant des facteurs de risques élevés. De nouvelles recommandations vaccinales anti-méningococciques ont également été initiées pour les recrues de l'armée.

 
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